Rechercher

Down a Hollow to a Cavern (version française) by Nigel Roth

Mis à jour : mars 4



Si je vous disais que j'ai navigué cette semaine sur la mer de Mirovia, en route pour la pointe sud du pays de Rodinia, après avoir traversé les plaines infinies de Laurentia et d'Ur, et chevauché la marée sur l'océan Poséidon, vous penseriez probablement que j'essaie d'imiter CS Lewis ou JRR Tolkien, en décrivant un monde magique et merveilleux situé dans une période sombre d’une quelconque préhistoire où les humains n'étaient rien de plus que des paillettes dans des étoiles méconnues.


Si, en revanche, je vous disais que j'ai autrefois fait un voyage depuis le Kioram, en passant par l'Egyplose et Tanje, par les terres de Mylosis et Calnogor, et enfin à Hilar dans les grandes étendues d'Atvatabar, vous pourriez penser que je me réfère aux pitreries de Bruce Chatwin ou de Paul Theroux, traversant les confins de la Patagonie, ou encore pagayant près des îles océaniques dans un seau.


Et bien sûr, vous auriez raison de penser que ces deux voyages sont impossibles.


D'abord parce que j'aurais dû vivre il y a des milliards d'années sur notre jeune Terre, confrontée à de nombreux défis atmosphériques, et que je n'ai pas l'air assez âgé pour cela, et ensuite parce que j'aurais dû être d'accord avec le plus grand géophysicien, mathématicien, météorologue, et physicien que le monde ait jamais produit, le brillant astronome royal Edmond Halley, qui a calculé la taille du système solaire, prouvé que les lois du mouvement de Sir Isaac Newton étaient justes, et mis au point le cycle de retour complexe de la comète qui porte maintenant son nom, sur le fait que la Terre était en fait creuse.


Oui, creuse.


Clive Staples Lewis a lui aussi longuement réfléchi à l’hypothèse d’une Terre creuse, mais seulement comme issue de secours pour le Prince Rilian, qui a presque décidé de visiter le Royaume des Vraies Profondeurs à six mille pieds sous terre, en échappant à la Chute des Terres Souterraines et à cette chaise d'argent hallucinante. Oui, mais tout cela dans le monde fantastique de Narnia, où la Dame de la Bouteille Verte exerçait son influence.


Et, alors que dans de nombreuses cultures, il existe des récits sur le sous-sol, de l'Hadès grec au Svartalfaheimr nordique, de l'Enfer au Shéol, du Shamballa tibétain au Cruachan celtique, sans parler des récits sur la masse originelle qui commencent tous par l'émergence des lieux souterrains pour se terminer par celle de la variole. Il aura fallu un Américain du XVIIIe siècle pour s'approprier réellement cette théorie bizarre.


Entrez dans le monde de John Cleves Symmes Junior, un homme de trente-huit ans, qui rejoignit les pseudo-sciences auxquelles nous sommes tous confrontés, grâce à nos gouvernements respectifs.


Né au milieu d'un soulèvement révolutionnaire de huit ans et demi, le jour même où le chef Little Turtle a vaincu le grand colonel Augustin De la Balme, Symmes fit appel à son oncle, John Cleves Symmes Senior, pour gravir les échelons jusqu'au grade de capitaine dans l'armée américaine.


Alors que l'oncle Symmes se distinguait comme colonel pendant la guerre d'Indépendance, puis comme délégué au Congrès continental et comme beau-père du président William Henry Harrison, Symmes Junior se fit connaître pour ses affirmations selon lesquelles la croûte terrestre avait une épaisseur d'environ seize cents kilomètres, avec une entrée dans la partie creuse aux deux pôles, Arctique et Antarctique, ce dernier étant un peu plus large, évidemment.


Nous pouvons nous moquer de la folie de l'hypothèse de Symmes, évoquée entre la vente de tabac à mâcher à des soldats et de tabac à pipe à leurs commandants, tout en gérant un magasin général, sans grand succès, dans la ville frontalière de St Louis, dans le Missouri. Ce n’est donc pas en postulant pour le poste de professeur d'astronomie savilienne à Oxford qu’il a étalé sa théorie, comme l'a fait Edmond Halley lorsqu'il a suggéré que l'aurore boréale était le résultat de la fuite de gaz des profondeurs des nombreux dômes concentriques rotatifs de la planète, dans lesquels une atmosphère lumineuse maintenait les habitants du sous-sol en vie et en bonne santé.


Halley n'a pas obtenu ce poste, principalement parce que Sir Isaac Newton a trouvé le temps de défendre un autre candidat, à un moment où il ne recherchait pas la légendaire pierre philosophale et "l'alchimie de la confusion", ce qu'il a fait pendant au moins trente de ses quatre-vingt-quatre ans de vie.


Mais revenons à nos moutons pour constater que Symmes suscita des réactions mitigées à la publication de sa note n° 1, en 1818, qu'il avait faite circuler à ses propres frais. Elle fut envoyée, dit-il, à "chaque gouvernement étranger significatif, au prince régnant, à la députation, à la ville, au collège et aux sociétés philosophiques, dans toute l'Union, ainsi qu'aux membres individuels de notre Assemblée Nationale".