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La crise par Alexandre Iordachescu



La crise que nous traversons n’est pas sanitaire. Ni même économique, sociale ou politique.

C’est une crise plus profonde, qui questionne la nature humaine et notre rapport à la « nature ».

La crise que nous vivons est peut-être la conséquence de ce déséquilibre profond :

nous avons brisé les écosystèmes, changé le climat, éradiqué des nombreuses espèces et réduit d’autres à l’esclavage ou à nous servir de garde-manger.

Est-ce ça « qu’être humain » ?

Nous nous sommes perdus, il faut le reconnaître. La civilisation matérialiste n’amène pas au plus grand nombre le bonheur promis, ni les richesses convoitées.

Je regarde les yeux de mes enfants, de tous les enfants, et j’y lis plus d’inquiétude que d’espoir.

Pouvons-nous ou voulons-nous envisager une autre façon d’être au monde ?

En Suisse nous avons un outil incroyable qui s’appelle l’initiative populaire.

Si on changeait de système de pensée grâce à cet outil ?

La démocratie c’est donner une voix à chaque citoyen.

Si on donnait une voix à chaque être vivant ?

Les intérêts de toutes les espaces vivantes – et non plus seulement des humains – seraient prises en considération.

Nous ne réfléchirions plus en termes anthropocentriques, avec les aberrations écologiques que cela produit, mais en tenant compte de l’intérêt de la Vie sous toutes ses formes, comme un tout dont nous faisons partie.

L’abondance de la Vie est la véritable richesse, à même de nous amener la paix et la joie durables.

Pour être plus pragmatique, je dirais que soit on change, soit on va vivre un effondrement violent.

Mais ce n’est pas la peur qui doit nous motiver – c’est la confiance que nous pouvons devenir ces êtres que nous avions ressenti intuitivement depuis nos cœurs d’enfants.

Si on transformait donc la Suisse dans une « bio-cratie », avec un parlement où chaque espèce et chaque être vivant est représenté ?

Cela semble utopique, mais c’est moins compliqué que l’on imagine. Il y a déjà des juristes qui ont réfléchi à ces questions et trouvé des voies possibles.

Évidemment, une telle initiative populaire va échouer en votation. Au moins dans un premier temps.

Mais on va se poser des bonnes questions. On va questionner profondément notre place parmi les autres, notre rôle comme humains dans la nature, la logique destructrice ou créatrice de notre économie, l’arrogance ou la sagesse de notre intellect.

Et surtout, on va peut-être apprendre à respecter les autres formes de vie.

Qui est partant(e), que pensez-vous de cette « utopie » ?

Photo by Paul IJsendoorn

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