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Tant que "je" prendra le dessus sur "nous" par Leila Delarive



J’ai toujours été de nature positive. J’ai toujours voulu voir la part lumineuse dans l’humain. Même l’assassin porte la lumière en lui, il ne peut pas être que ténèbres.


Pourtant, la crise sanitaire que nous vivons me fait perdre lentement mais sûrement mes illusions.


Le débat qui fait rage entre les pro et les anti-vaccins est la parfaite démonstration de l’incapacité de l’humain à surmonter les épreuves auxquelles il fait face actuellement.


Nous nous sortirons de la pandémie. Là n’est pas le propos.


Le problème vient de ce que l’humain est incapable de transcender le “Je” pour favoriser le “Nous”.


Si le simple fait de se faire vacciner pour stopper la propagation d’un virus ou du moins la diminuer ne peut être appréhendé que sous une perspective individuelle - JE ne veux pas me faire vacciner car JE ne veux pas qu’on porte atteinte à MON intégrité corporelle ; JE ne veux pas me faire vacciner car JE refuse le diktat étatique ; et j’en passe, c’est le seul intérêt propre qui obnubile le “JE” au détriment d’une action collective qui nous permettrait de passer à autre chose.


Peu importe l’issue de cette crise sanitaire. En revanche, elle démontre que notre espèce est objectivement dans l’incapacité de surmonter la plus grande crise à laquelle elle fait face - le changement climatique tangible.


Qu’adviendra-t-il du “Nous” lorsqu’une poignée de milliardaires s’amusent à voler sur la lune, pour “démocratiser” l’accès à l’espace tout en émettant autant de CO2 qu’un tour du monde en voiture ?


Qu’adviendra-t-il du “Nous” lorsque chacun décide, pour une poignée de Francs, d’embarquer sur un vol low cost pour aller passer un jour ou deux dans une capitale européenne, au détriment de l’empreinte carbone que cela génère ?


Qu’adviendra-t-il du “Nous” lorsque nous serons face au mur, que nous aurons épuisés nos ressources, fini de détruire notre habitat naturel, fini de décimer des milliers d’autres espèces, et consommé tout ce qui peut l’être, même virtuellement?


Nous disparaîtrons tous ensemble. Aucun humain n’a le pouvoir de survivre à l’autre lorsque c’est notre équilibre planétaire qui est en jeu.


Tant que l’individu ne prend pas CONSCIENCE que chaque action individuelle impacte la collectivité dans son ensemble, nous courons à notre perte…..et peut-être méritons-nous simplement de disparaître, incapables de réaliser la chance que nous avons de créer collectivement un futur désirable et positif. Pour cela, il faut savoir faire preuve d’abnégation et renoncer parfois…..c’est peut-être cela qu‘il faut enseigner à nos enfants pour leur donner la chance de construire un futur désirable.


Photo by Tima Miroshnichenko

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