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The day of the Dead (version française) par Nigel Roth



Il y a quelques années, deux hommes sont morts le même jour. L'un était le plus courageux des hommes, loué pour avoir dirigé la force norvégienne qui a contrecarré le programme allemand de développement d'armes nucléaires et, ce faisant, sauvé toute la civilisation des nazis.


L'autre était Robert Faurisson, un homme qui était aussi loin d'être un héros que possible.


Né dans le Middlesex, en Angleterre, ce parangon du négationnisme a commencé sa vie comme instituteur à Vichy, dans la province historique du Bourbonnais, avant de devenir professeur de littérature à l'université de Lyon.


Faurisson, dont le vrai nom était Aitken, semble avoir suivi les traces de deux de ses idoles poétiques les plus déroutantes - Lautremont et Rimbaud - qui ont tous deux semblé renoncer à faire quoi que ce soit d'utile à partir de l'âge de vingt-cinq ans.


En 1974, alors qu'il avait quarante-cinq ans, Faurisson commença sa campagne pour convaincre le monde que l'Holocauste était un mensonge historique. Il croyait fermement que l'Algérie appartenait à la France, mais pas que des Juifs étaient morts dans des chambres à gaz pendant la Seconde Guerre mondiale. Il pensait également que Yad Vashem était l'endroit idéal pour envoyer sa première lettre de dénégation, comme si les Juifs allaient soudainement accepter sa revendication bizarre et gâcher un beau monument.


Et c'est ainsi que commença, comme c'est le cas avec les fous et les cinglés qui trouvent une tribune pour vomir du vitriol, sa longue descente dans l'indécence, nous entraînant dans l'obligation de faire face à sa stupidité abjecte.


Peu après la lettre à Yad Vashem, Faurisson devint à la fois la tête d'affiche de l'Institute of Historical Review, un groupe d'antisémites pseudo-littéraires, et un partisan dévoué du nazi Ernst Zundal, mort en 2017, sans surprise, dans un endroit appelé Bad Wildbad.


Il soutint également Fred Leuchter, un ancien spécialiste des méthodes d'exécution, qui avait volé des briques à Auschwitz pour prouver, au moyen d'une analyse chimique bidon dans ses toilettes, que l'absence de certains éléments traces dans les parois des chambres à gaz d'Auschwitz signifiait que les Juifs n'avaient pas été gazés dans ces mêmes parois pendant l'Holocauste.


L'une des contributions les plus notables de Faurisson à la cause du négationnisme a été l'affirmation que le Journal d'Anne Frank était un faux, car, selon lui, elle avait écrit qu'elle utilisait un aspirateur, bruit qui l'aurait sans aucun doute trahie dans sa cachette.


Faurisson fut mis à l'amende, inculpé et condamné pour négationnisme, démis de ses fonctions à l'université et ridiculisé du milieu des années 1980 jusqu'à sa mort, longtemps attendue, en 2018.


On peut se représenter ce ramassis confus de tripes repensant alors à au moins trois des moments les plus exceptionnels de sa vie inutile.


Tout d'abord, la rédaction d'une introduction à l'un de ses livres par nul autre que l'érudit juif Noam Chomsky, qui, dans un acte de soutien à l'article 19 motivé par des considérations académiques mais terriblement malavisé, déclara qu'il voyait Faurisson comme une sorte de libéral inoffensif et pas du tout antisémite.


Plus tard, après s'être débarrassé des effets du Manischewitz, Chomsky modifia sa position pour se positionner en "opposition diamétrale" aux vues ignobles de Faurisson.


Le deuxième souvenir est sans doute sa soirée mémorable sur scène avec l'idiot d'humoriste Dieudonné M'Bala M'Bala qui, pour le quatre-vingtième anniversaire de son ami Faurisson, demanda à son assistant sur scène de s'habiller en prisonnier de camp de concentration, avec l'étoile jaune, et de parader sous les applaudissements et les rires. Heureusement, ils n'ont pas poussé la fidélité historique jusqu'à gazer l'assistant à la fin.


Et le troisième souvenir, et de loin le meilleur de Faurisson sur son lit de mort, doit être le jour où le tyran Mahmoud Ahmadinejad lui a remis un prix très spécial.


Ce n'était pas pour avoir rapporté dans un journal l'horreur de l'occupation nazie et la traque d'hommes et de femmes proches d'une mort imminente.


Ce n'était pas pour avoir été un universitaire comme Chomsky, qui a fait tous les efforts possibles pour défendre la liberté d'expression, même si la haine de cette même expression coulait dans toutes les veines de son corps.


Et ce n'est pas pour avoir sauvé l'humanité de l'attaque nucléaire que les nazis préparaient, en faisant preuve de nerfs d'acier, en infiltrant et en sabotant une installation allemande pour nous mettre en sécurité pendant des nuits de terreur froide et sombre, comme l'a fait Ronneberg.


Non, Ahmadinejad a remis prix à un homme, dont la vie n'a consisté en rien d'autre que des attaques gratuites et choquantes contre un peuple presque anéanti par la haine dans son propre pays. Un homme qui abusait de la mémoire de ceux dont la vie a été interrompue de la manière la plus cruelle et la plus horrible qui soit, et qui a vécu jusqu'à un âge auquel peu de gens à Auschwitz pouvaient même rêver, une fois qu'ils avaient été dépouillés et violés, battus et soumis à des expériences, déshumanisés et désensibilisés même à la mort de leurs propres enfants. Non, Ahmadinejad lui a remis un prix spécial pour la "vraie bravoure".


Joachim Ronneberg était vraiment courageux ; Robert Faurisson ne l'était absolument pas.


Photo by Erik McLean

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