Rechercher

Up the garden path (version française) par Nigel Roth

Mis à jour : mars 3



En 1817, le Baron Karl von Drais parcourut treize kilomètres en une heure, non pas sur son cheval, qui aurait couvert cette distance en treize minutes environ, mais sur sa Laufmaschine, autrement dit son vélocipède.


Avec sa structure en bois, ses roulements à billes logés dans des bagues en laiton, son frein sur la roue arrière et son mécanisme d'auto-centrage, ce "cheval dandy" était bien l’ancêtre de la bicyclette.


En quelque deux siècles, on passera d’ailleurs des 22 kg de la Laufmaschine aux 2,8 kg de l’incroyable vélo de route sur mesure de Gunter Mai au XXIe siècle.


Si je peux m’attendre à trouver la « Draisine » de Drais, le nom a subi plusieurs changements au fil des ans, dans un musée, et la création anonyme de Mai sur les routes sèches et dégagées du désert de l'Arizona, je ne m’attendais pas à trouver un VTT presque neuf, d’une valeur d’au moins quatre cents dollars, verrouillé à l'extérieur de mon portail, m'empêchant de l'ouvrir pour sortir du jardin.

Mon fils, lorsque nous l’avons découvert m’a dit que ce vélo lui rappelait le théologien allemand Gustav Adolf Deissmann, qui, sous les auspices du ministère turc de l'éducation, avait trouvé une mystérieuse peau de gazelle, don de sa propriétaire à titre posthume je présume, avec des inscriptions dessus. Il s'agissait d'une carte, ignorée jusqu'en 1929 lorsque Deissmann mit la main dessus, et dont l'importance fut confirmée par l'amiral et cartographe ottoman, Piri Reis.


À l'époque, c'était le seul exemplaire connu de la carte du monde de Christophe Colomb, et elle montrait que l'Amérique du Sud avait été correctement positionnée en 1513 déjà. Elle représente l'Europe et l'Afrique du Nord, la côte du Brésil, les Açores, les îles Canaries, et même Antilia, dont on pense qu’il s’agit d’un territoire mythique. Ce qui est encore plus étrange, c'est qu'elle cartographie l'Antarctique, qui a été "découvert" trois cents ans plus tard, et qu'elle décrit la topographie du continent comme étant libre de glace, ce qui a peut-être donné aux experts un indice de sa validité.


Deissmann a apparemment mis sa découverte en lieu sûr, comme je l’ai fait avec ce vélo qui s'est matérialisé devant chez moi et qui est maintenant posé dans mon couloir. Un ami à qui j’en parlais a pensé au mécanisme Antikythera.


Il m’a dit que l'horologium Antikythera était une pièce de technologie tellement incroyable, que rien d’aussi sophistiqué n'avait été vu avant le quatorzième siècle. C’était un travail d'artisanat étonnant au point que la plupart des chercheurs supposent que l'objet a dû avoir des prototypes, bien qu'aucun n'ait été trouvé. Cet objet a été découvert à quarante-cinq mètres de profondeur sous l'océan, et est constitué d'un ensemble de roues dentées parfaitement alignées, montées dans une boîte.


D'après la connaissance que les archéologues et les historiens ont des Grecs et de leurs réalisations scientifiques, l'horologium Antikythera ne devrait même pas exister, car il est aussi perfectionné qu'une horloge du XVIIIe siècle du plus haut niveau de complexité et de fabrication, ce qui le rend peut-être un peu suspect.


Quoi qu'il en soit, je suis allé au poste de police et j'ai discuté de cette bicyclette avec le sergent de service, en lui expliquant que je n'avais pas eu besoin de forcer le cadenas, car il était déjà mystérieusement desserré.


Il m'a dit, d'un signe de tête casqué, que cela lui rappelait Max et Emma Hahn, qui, au printemps 1934, avaient trouvé un marteau vieux de quatre cents millions d'années lors d'une promenade, et étaient allés directement voir une équipe d'archéologues, après avoir seulement eu besoin de le dégager, sur le buffet, de la roche de l’époque ordovicienne – avant que ma mère ne naisse – dans laquelle il était encastré.


Ce marteau ancien était si vieux qu'une partie du manche avait commencé à se transformer en charbon, ce qui a encore reculé sa la date de sa fabrication de cinq cent millions d'années. Ces chiffres sont vertigineux, et quelque peu incroyables, et de nombreuses controverses autour du marteau et de son origine continuent à perturber le sommeil des scientifiques jusqu'à ce jour.


Mais ils n'inquiètent pas les créationnistes qui prêchent allègrement que la qualité atmosphérique de la terre avant le déluge doit être responsable de la perception de l’âge de ce marteau, et des géants qui l'utilisaient. Après avoir, par la suite, revendiqué l'artefact pour eux-mêmes, ils ont restreint l’examen scientifique de l’objet au détriment de la vérité, plaidant la mésaventure religieuse, alimentant la suspicion de tous.


Ce que nous savons apparemment du marteau, c'est qu'il est fabriqué à partir d'un fer d'une pureté impossible à atteindre sans assistance technologique, un peu comme le vélo qui se trouve dans mon couloir.


Un vélo, d'ailleurs, que j’avais immédiatement et clairement repéré depuis la fenêtre de mon salon, tout comme mon voisin et ses yeux de lynx l’avait fait.


Il m'a dit que c'était comme si j